Cachez cette image que je pourrais entendre (Rosine Benard O'Kelly)

"Le slow cinema est un terme de plus en plus utilisé pour définir un courant, ou une « famille » de films (Botz-Bornstein, 2015 : 2), qui, selon Ira Jaffe, « réduisent le plus possible à la fois le mouvement, l’action, les dialogues et les artifices » (Jaffe, 2014 : 9). Dans son ouvrage consacré à ce courant, Jaffe tente de définir le dénominateur commun que peuvent avoir les slow movies en analysant à la fois leur style visuel, leur structure narrative, leurs thématiques, ou leur montage. S’il est difficile de définir de manière définitive, objective et précise, ces films, on pourrait néanmoins avancer que ceux-ci semblent généralement relever du type d’image défini par Deleuze comme étant celui de l’image-temps, celui du cinéma de la modernité, où « ce qui a remplacé l'action ou la situation sensori-motrice, c'est la promenade, la balade et l'aller-retour continuel » (Deleuze, 1983 : 280). Ce courant trouverait alors ses origines, comme l’avance Jaffe, dès les années 1950 avec des cinéastes tels que Robert Bresson ou Michelangelo Antonioni. Les deux théoriciens du cinéma américains Bordwell et Thompson ajoutent, quant à eux, qu’une des caractéristiques principales de ces films serait l’utilisation récurrente de plans-séquences ou de plans relativement longs, qui, toujours selon les auteurs, favoriseraient une implication émotionnelle et intellectuelle du spectateur (Bordwell et Thompson, 2001)."


Rosine Benard O’Kelly ; Cachez cette image que je pourrais entendre ; 30 avril 2026



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