Les hautes solitudes (Philippe GARREL)
Les hautes solitudes (Philippe Garrel) | Film complet | ARTE Cinema (YouTube) 1h19'37"
(ARTE Cinema) 1st July 2026
"Un film disponible jusqu'au 30/09/2026
"L'idée, c'était de faire des chutes d'un film qui n'existerait pas avec une star, Jean Seberg. Alors, j'ai conçu Les Hautes Solitudes comme quelque chose de très brut sur son visage"
(Phillipe Garrel)
Un visage hébété de femme, entre veille et sommeil (celui de la chanteuse Nico, alors compagne de Philippe Garrel) se laisse contempler quelques minutes, puis disparaît. Dans la pénombre d'un appartement, Laurent Terzieff, cheveux en bataille, accueille et étreint une jeune femme (Tina Aumont), comme lui d'une beauté et d'une jeunesse saisissantes. Dans une chambre (du même appartement, d'un autre ?), en plein jour, Jean Seberg, vêtue d'une sage chemise de nuit, semble lutter contre les vestiges d'un rêve angoissant. En contraste étrange avec l'intimité très forte que le dispositif du film invite à partager dès ces premiers plans, les rares paroles prononcées demeureront inaudibles...
Dans les yeux de Jean Seberg
Au fil de ce voyage intérieur muet, fait de longs plans fixes en noir et blanc, quiconque a vu ne serait-ce qu'une fois à l'écran l'extraordinaire héroïne d'À bout de souffle, tourné quatorze ans auparavant, ou connaît un peu son histoire tragique, ne peut faire autrement que d'y chercher son portrait – cinq ans avant son suicide en 1979, on la regarde dans l'une des scènes avaler avec peine des poignées de cachets puis appeler Tina Aumont à l'aide… Celle dont l'image semble parfois se dérober dans un trop-plein de lumière ou d'obscurité traverse une succession d'états, de la sérénité à la mélancolie, de l'entrain au désespoir, plongeant ses yeux dans les nôtres en une succession de plans hypnotiques. Ni documentaire, ni fiction, cet essai cinématographique, qui compte parmi les films de jeunesse de Philippe Garrel (Le grand chariot), fait l'objet d'un culte cinéphile aussi ardent que confidentiel. Selon le cinéaste, il s'agit "autant d'un film de Seberg […], une des plus grandes actrices du monde", que de lui-même. Comme nos regards, les fugaces apparitions des autres protagonistes traversent sans l'atteindre cette solitude si proche et si lointaine.
Un film de Philippe Garrel (France, 1974, 1h19mn)"
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