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Monday, December 12, 2011

Le vide (Virilio)


La Rochelle, France (21 avril 2011) 16'17"
Entretien avec Paul Virilio pour les "Rendez-vous Métropolis" sur le thème "Les architectes ont-ils peur du vide ?". Discussion menée par Francis Rambert, directeur de l'Institut français d'architecture.

"Le vide dont on va parler, c'est le vide de l'architecture, de l'habitat, de l'urbanisme. Donc il faut cerner 'le vide'. On va parler de l'espace atmosphérique (celui dans lequel on respire et on vit), du désert, de la place et de la pièce. Parler du vide c'est parler du mouvement et de la circulation, et donc de la profondeur de champ. On entre dans la question de la perspective, une perspective spatiale (celle du Quattrocento), liée au vide. Mais on parle aussi de la vitesse de déplacement, puisqu'on parle du mouvement. Et là, on n'est plus dans la profondeur de champs, mais dans la profondeur de temps; c'est à dire dans une perspective temporelle, celle du temps réelle, celle de l'effet TGV, celle de l'accélération.

Parler du vide de façon théorique (mais en architecte, en urbaniste) c'est parler de qualité et de quantité. La qualité du vide : le vide n'est rien, la preuve c'est un champ et c'est une durée, mais c'est aussi une quantité (c'est à dire une étendue et un délai). On est dans ce que le relativistes appellent le 'continuum'. Le vide est continuum. Il est pas simplement espace, atmosphère, espace public, il est espace-temps. Le Vide et le Vite sont en rapport avec le Vif (le vivant) : les 3 V. D'où la question ergonomique de l'emploi de l'espace, bien-sûr, mais aussi de l'emploi du temps (ce qu'on appelle aujourd'hui : Slow City).

'L'image donne mesure au chaos du visible.' (géométrie)

[..] Il y a un sentiment d’étouffement, une sorte d'asphyxie de la sensibilité qui vient de cette énérgie cinématique. Le monde n'est pas plein, il y a encore plein d'espace vide. Mais le monde est saturé parce que les individus on conscience de son étroitesse par rapport au progrès. Le monde est trop petit pour le progrès de l'accélération dans tous les domaines. Donc on est devant des questions géopolitiques et chronotopiques (c'est à dire qu'elles concernent à la fois l'emploi du temps et l'emploi de l'espace). Et effectivement aujourd'hui la question du vide est une grande question politique. [..]"


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