Plans perdurant et points de montage (Olivier Zuchuat)
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"[..] Dans le cadre de ce travail d’analyse des structures du montage dans les films faisant appel aux plans de longue durée, il nous paraît fécond de proposer la notion plus réduite, moins ample et moins prescriptive, de cinéma de durée. Les films qui répondent à cette notion déploient une amplitude temporelle et une extension des plans qui enclenche une attention perceptive singulière, qui invite le regard à s’investir dans la durée étendue du plan, à se déplacer dans le cadre. La durée n’est pas ici synonyme de fixité, d’immobilisme, de pétrification ou de lenteur, mais davantage d’une extension spatiotemporelle à habiter. Ces plans sont souvent polarisés par une tension dialectique entre ce qui survient et ce qui insiste. Ce cinéma de durée offre souvent une poétique de l’insistance au sein de plans qui induisent des coalescences spatiotemporelles singulières dont il s’agit alors de faire l’expérience. Le cadre, tenu dans le temps sans être pour autant retenu systématiquement dans la fixité, est alors l’une des puissances esthétiques majeure de ce cinéma. La durée persistante du plan met en alerte le regard, lui offrant la possibilité d’arpenter les plans, d’y divaguer, d’y découvrir des éléments souvent minoritaires qui adviennent dans le temps. [..]"Olivier Zuchuat ; Attraits de la durée : plans perdurant et montage intra-plan dans le cinéma contemporain ; 6 Nov 2025
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