Entretien avec Nicolas Sallé (réalisateur du Brame du Cerf) Slow TV
Il y a dans la Slow TV quelque chose qui ressemble à une provocation tranquille. Pas de rebondissements, pas de climax, pas même de fil narratif à proprement parler. Juste le temps qui passe, un paysage qui respire, des animaux qui vivent leur vie indifférents à la caméra. Et pourtant, des millions de spectateurs s'y arrêtent. La Slow TV a été popularisée en Scandinavie, en 2009, sous l'impulsion de la chaîne publique norvégienne NRK. Des programmes anti-dramatiques par principe — un trajet de train filmé en temps réel, une croisière côtière sur plusieurs jours, un feu de cheminée de huit heures — qui ont pourtant réuni des millions de téléspectateurs, au point de faire entrer un nouveau mot dans le vocabulaire des médias. Le genre repose sur un pari radical : ne rien faire advenir, laisser venir, et faire confiance au spectateur pour s'y installer. En France, c'est Eden Production, avec le soutien de France Télévisions, qui ouvre le chemin. Nicolas Sallé en est l...