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Sunday, October 24, 2010

Kaplanoglu, Rimbaud, Zen

Semih Kaplanoglu : Pour Miel, j’avais besoin d’une forêt sauvage avec une production artisanale très développée, qui renvoie au début de l’humanité. Il y a des constantes, comme la campagne que j’aime, dont je m’inspire et où je me sens heureux. Je peux passer plusieurs jours dans une forêt sans avoir besoin de personne ni de rien.
Je connais bien la forêt tant sur le plan visuel que sonore. Nous y sommes restés deux nuits avec l’ingénieur du son. Il m’a alors dit que c’était la première fois qu’il entendait les vrais sons des oiseaux. Ils passaient au-dessus de nos têtes malgré la hauteur des arbres. [..]
La vie en Turquie est essentiellement rurale, et c’est la nourriture de mes films. Je suis arrivé au cinéma grâce aux poètes turcs, à Rimbaud – j’ai lu sa biographie contant ses problèmes avec sa mère et je sais qu’il faisait de très grandes promenades dans la nature et allait de Charleville à Paris à pied – et aux poètes japonais. Bashô a écrit le récit d’un voyage de trois ans dans lequel il décrit la nature, les saisons. Avec une sérénité extraordinaire.
Q: Quel est le rapport entre les poésies japonaise et turque ?
Semih Kaplanoglu : Le zen. Notre pays est laïc, mais cela ne doit pas annihiler le passé et les rituels religieux. Je redécouvre actuellement notre culture soufi à travers le silence. Et grâce à René Guénon, je peux m’en nourrir. Ainsi, je comprends mieux les Japonais, les Indiens et certaines cultures d’Afrique du Nord, et je pense que nous pouvons amener le cinéma vers des formes nouvelles. Les cinémas iranien, taïwanais ou chinois reviennent vers cette tradition-là. L’ouverture devient alors planétaire. Ceci permet d’aborder la mort avec une douceur qui vient de l’Orient. Nous avons besoin d’être apaisés. J’ai vu un film américain [Inception] dans lequel le rêve se transforme en outil pour faire un cambriolage. Dans notre culture et pendant sept cent cinquante ans, les soufis ont écrit leurs rêves, convaincus qu’ils portent le message de Dieu, pour essayer de leur donner un sens. Nous avons besoin de beauté. C’est pourquoi l’art existe. Nous devons ouvrir notre cœur et en faire entendre la voix. Quelle que soit notre religion. Un film est comme une prière, de l’ordre du sacré.
interview par Michèle Levieux, L'Humanité (22 Sept 2010)

Je trouve insuffisant, limité, un art où manque la spiritualité. Pour moi un plan doit rendre sensible l'existence de l'invisible; et de la beauté. Je souhaite que mes personnages découvrent la beauté et l'âme qui soufflent en eux et les portent en ce monde depuis leur naissance. 

Wednesday, October 20, 2010

Who said Contemplation was slow? (time-lapse)


Typhoon "Nangka" over Hong Kong (time-lapse) Tokyoahead (YouTube) 5'29"
This is a timelapse from 7am until 9pm of Typhoon Nangka hitting Hong Kong. 26 June 2009


Panama Canal crossing, Radiance of the Seas, 8 May 2003 (space/time-lapse) 1'52"


Shibuya-Hachiko crossing in Tokyo, 2 Feb 2009 (time-lapse) 1'38"


Time lapse video of the 5-6 February 2010 snowfall in Washington DC (Nikon D200 set to make an exposure every 5 minutes. 328 frames at 12 fps) 28"


The time-lapse compression of a long period of time emphasize these little subtle changes that occur during a static contemplation of the same spot or the same direction. These are the details almost imperceptible in real time that give richness and depth to a seemingly flat and "boring" view. The level of attention ought to be enhanced in a stasis film to get a chance to catch anything, to find any interest, to appreciate the passage of time and the paced rhythm of the atmospheric light, the trembling vegetation, the geological vibrations...





Morning drive in Tokyo 06, Shibuya Station Street - Roppongi - Aoyama-dori Omotesandou - Tokyo Midtown (real time = "spatial-lapse") 4 Jan 2009 - 8'

C'était un rendez-vous (1976/Lelouch/France) 8'40"

Tuesday, October 12, 2010

L'immensité intime (Bachelard)

L'immensité est, pourrait-on dire, une catégorie philosophique de la rêverie. Sans doute, la rêverie se nourrit de spectacles variés, mais par une sorte d'inclination native, elle contemple la grandeur. Et la contemplation de la grandeur détermine une attitude si spéciale, un état d'âme si particulier que la rêverie met le rêveur en dehors du monde prochain, devant un monde qui porte le signe d'un infini.
Par le simple souvenir, loin des immensités de la mer et de la plaine, nous pouvons, dans la méditation, renouveler en nous-mêmes les résonances de cette contemplation de la grandeur. Mais s'agit-il vraiment alors d'un souvenir? L'imagination, à elle seule, ne peut-elle pas grandir sans limite les images de cette immensité? L'imagination n'est-elle pas déjà active dès la première contemplation? En fait, la rêverie est un état entièrement constitué dès l'instant initial. On ne la voit guère commencer et cependant elle commence toujours de la même manière. Elle fuit l'objet proche et tout de suite elle est loin, ailleurs, dans l'espace de l'ailleurs.
Quand cet ailleurs est naturel, quand il ne se loge pas dans les maisons du passé, il est immense. Et la rêverie est, pourrait-on dire, contemplation première. [..]

Dans cette voie de la rêverie d'immensité, le véritable produit, c'est la conscience d'agrandissement. Nous nous sentons promus à la dignité de l'être admirant.
Dès lors, dans cette méditation, nous ne sommes pas " jetés dans le monde " puisque nous ouvrons en quelque sorte le monde dans un dépassement du monde vu tel qu'il est, tel qu'il était avant que nous rêvions. Même si nous sommes conscients de notre être chétif - par l'action même brutale dialectique - nous prenons conscience de la grandeur. Nous sommes alors rendus à une activité naturelle de notre être immensifiant.
L'immensité est en nous. Elle est attachée à une sorte d'expansion d'être que la vie refrène, que la prudence arrête, mais qui reprend dans la solitude. Dès que nous sommes immobiles, nous sommes ailleurs ; nous rêvons dans un monde immense. L'immensité est le mouvement de l'homme immobile. L'immensité est un des caractères dynamiques de la rêverie tranquille. [..]
Gaston Bachelard, La Poétique de l'espace, 1957, (chapitre VIII)

Sunday, October 10, 2010

Stasis films 3 (behaviourist) CCC



Sortie des usines Lumière (1895/Louis & Auguste Lumière/France) 45"



Sleep (1962/Andy Warhol/USA) 321'



Screen test : Nico (1966/Andy Warhol/USA)


The act of seeing with one's own eyes (1971/Stan Brakhage/USA) 32' ***WARNING: GRAPHIC***


Les hautes solitudes (1974/Philippe Garrel/France) 80'



Ten Minutes Older / Par desmit minutem vecaks (1978/Herz Frank/Soviet Union) 9'37"



D'Est (1993/Chantal Akerman/France) 107'


(photo non available)

Elegiya iz Rossii/Elegy from Russia (1993/Aleksandr Sokurov/Russia) 68'



Smirennaya zhizn/A Humble Life (1997/Aleksandr Sokurov/Russia) 75'



Gong gong chang suo/In Public (2001/Jia Zhang-ke/China) 30'


Ten Minutes Older (2001/Abbas Kiarostami/Iran) 10'

Sleepers (2001/Abbas Kiarostami/Iran) 90'



Hukkle (2002/György Pálfi/Hungary) 78'



Prologue (2004/Tarr Béla/Hungary) segment from Vision d'Europe



Into Great Silence (2005/Gröning/Germany) 169'



Unser täglich Brot / Our Daily Bread (2005/Nikolaus Geyrhalter/Austria) 92'


Fantasma (2006/Lisandro Alonso/Argentina) 63'



Zidane: un portrait du XXième sciècle (2006/Gordon/Pareno/France/Iceland) 90'


The Anthem (2006/Apichatpong Weerasethakul/Thailand) 5'



Tejút / Milky Way (2007/Benedek Fliegauf/Hungary) 82'



Luminous People (2007/Apichatpong Weerasethakul/Thailand) 15'



Shirin(2008/Kiarostami/Iran) excerpt



Mobile Men (Stories on Human Rights) (2008/Apichatpong Weerasethakul/Thailand) 4'


La Danse (2009/Frederick Wiseman/France)


Ne Change Rien (2009/Pedro Costa/France)


Related:

Thursday, October 07, 2010

LINKS : Semih KAPLANOGLU

Semih KAPLANOGLU Semih Kaplanoğlu (born 1963; Izmir, Turkey) = 47 yold in 2010
5 films / 4 screenplays (1st film: 1984/latest film: 2010)
INSPIRED BY : Robert Bresson, Ozu Yasujiro, Andrei Tarkovsky, Satyajit Ray, Victor Erice, Nuri Bilge Ceylan
C.C.C. films (strict model in red) : Yumurta; Süt; Bal;
INFLUENCE ON : ?

Bal / Honey (2010) IMDb - Berlinale 2010, Golden Bear
Süt / Milk (2008) IMDb - Venice 2008, FIPRESCI Prize
Yumurta / Egg (2007) IMDb - Cannes 2007, Quinzaine; Istanbul 2008, Golden Tulip
  • Official website (Kaplan) / Press kit (7 May 2007) PDF
  • "Cahier d'un retour au pays natal" By: M. M. (L'humanité; 23 May 2007) [FRENCH]
  • Dans l'intimité de l' "œuf" By: Olivier Séguret (Libération; 23 mai 2007) [FRENCH] 
  • "Semih Kaplanoğlu' s new trilogy has brought him to the limelight once again" By: Lalehan Uysal (On Air; Dec 2007)
  • "Yumurta" By: Charlotte Garson (Cahiers du cinéma; n° 633; avril 2008) [FRENCH] 
  • "Yumurta" (Les Inrockuptibles; 22 Avril 2008) [FRENCH] 
  • "Yumurta" (Libération; 23 avril 2008) [FRENCH] 
  • "Un homme se penche sur son passé" By: Jean Roy (L'Humanité; 23 avril 2008) [FRENCH] 
  • "Une démarche autobiographique nourrie de soucis documentaire" By: Jacques Mandelbaum (Le Monde; 23 avril 2008) [FRENCH] 
  • "Après la mort de la mère, parcours élégiaque vers la sérénité" By: Jean-Luc Douin (Le Monde; 23 avril 2008) [FRENCH] 
  • "Yumurta" (Télérama; 23 avril 2008) [FRENCH] 
  • "Yumurta'nın Zihinde Bıraktığı İzler - 1" By: adsoy (moroccom, 23 Aug 2010) part 1 - 2 - 3 [TURKISH]
  • (add link here)
Melegin düsüsü / Angel's Fall (2005)
  • (add link here)
Herkes kendi evinde / Away from home (2000)
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Asandor / Elevator (1993)
  • (add link here)
Mobapp (1984) 14'
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GENERAL BIBLIOGRAPHY
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BOOK on Semih Kaplanoğlu
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GENERAL ONLINE ARTICLES


INTERVIEW


TEXT BY Semih Kaplanoğlu
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WEBSITES


DOCUMENTARY ON Semih Kaplanoğlu
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