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Sunday, September 26, 2010

Flâneries urbaines sans parole

Cruise 2010 by 永川 優樹 EIKAWA Yuki (egawauemon; 36 videos)


Amalfi - Italy (28 April 2010) 15'27"
Walking in Tokyo by 永川 優樹 EIKAWA Yuki (egawauemon; 22 videos)
director : 永川 優樹 EIKAWA Yuki (born in Nagasaki in 1978)



EIKAWA Yuki released a Blu-ray/DVD (official website)
"Cruising 17 cities in ten countries, everyday people's lives from dawn to midnight are captured with one DSLR with handheld stabilizer. No narration or background music clutter this film - instead, natural sounds recorded in each locale present a true-to-life environment. Amazing perspective opens before your eyes, and the bustle of the cities fills the air. Now you can travel the world right from your armchair."

01. NEW YORK / USA 04:31
02. TOKYO / JAPAN 05:35
03. LONDON / UK 04:00
04. CHEFCHAOUEN / MOROCCO 05:08
05. AMALFI / ITALY 03:03
06. KYOTO / JAPAN 05:15
07. VARANASI / INDIA 03:50
08. CUZCO / PERU 04:26
09. VENICE / ITALY 04:03
10. OLD DELHI / INDIA 01:59
11. ISTANBUL / TURKEY 04:18
12. XITANG / CHINA 03:18
13. ROME / ITALY 03:18
14. SHANGHAI / CHINA 03:09
15. FES / MOROCCO 03:06
16. BANGKOK / THAI 03:07
17. UCHISAR / TURKEY 03:06
18. WORLD - CRUISE 28:07



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Substance, absence (Balasubramaniam)


Alwar Balasubramaniam: Art of substance and absence (TED Talk India, Nov 2009) 16'51"
Alwar Balasubramaniam's sculpture plays with time, shape, shadow, perspective: four tricky sensations that can reveal -- or conceal -- what's really out there. At TEDIndia, the artist shows slides of his extraordinary installations.
Sculptor, painter and printmaker Alwar Balasubramaniam makes work that crosses the boundary between art, perception and life

Friday, September 24, 2010

Winter Vacation (Thirion)


Locarno #63. L’année 0.P. [= Olivier Père, nouveau directeur du festival]
Antoine Thirion, 31 août 2010, Independencia
"[..] Winter Vacation du Chinois Li Hongqi, Léopard d’Or 2010, a été présenté comme la « comédie la plus lente de l’histoire du cinéma ». [..]
Winter Vacation est hélas loin d’être à la hauteur de son accroche. Certes, il fait son petit effet. Question comédie et lenteur, il est plus proche d’Albert Serra que d’Elia Suleiman – donc pas encore daté. Des grappes de personnages se croisent dans des photos panoramiques, se tiennent en respect ou s'ennuient, s’insultent, se filent des baffes et semblent attendre qu’on veuille bien leur dire à quoi jouer, bref : slapstick chinois, comique de masques, direction ludique et volontairement indécise.
La structure du film est tout aussi élémentaire. Chaque séquence cible une génération : enfants, adolescents, oncles, parents, grand-parents ; la boucle est bouclée par d’insistantes scènes d’incommunicabilité entre les premiers et les derniers. Dans une salle tétanisée par le silence et l’immobilité, un visage frippé contre un autre poupon suffit à détendre. Li ne se prive pas d’exploiter jusqu’à la corde cet humour pince sans-rire.
Ces vacances sont celles du nouvel an chinois. Au loin, de nombreux pétards le laissent entendre. Les écoles et les usines sont fermées. On croit même percevoir un peu de bleu dans le ciel temporairement libéré des fumées industrielles. Le film profite de ce moment d’oisiveté pour enfiler une brochette de paradoxes : celle d’une classe moyenne dans un quartier de baraquements fantômes ; celle des nouvelles panoplies occidentales dans les ruines du collectivisme.
La surprise initiale cache un terrible conformisme. Quelques brusques écarts dans une programmative lenteur ciblent le problème : ce rythme devrait en lui-même servir d’argument comique. On y est et on s’en moque, confortablement vautré au milieu du gué. La lenteur devient un simple boulon comique, voire pire, un objet de dérision. De comédie lente à comédie sur la lenteur il n’y a qu’un pas, et deux pour mener à une comédie sur le cinéma lent – la dernière chose qu’on ait envie de voir. D’une part on manque d’humour, mais on a surtout d’autres choses à faire. Aller par exemple voir Pig Iron de Benning - court réalisé dans la région de Duisburg, en même temps que Ruhr, pour les besoins des commandes annuelles du festival coréen de Jeonju – et voir si ce n’est déjà fait que la lenteur est une affirmation fertile et émancipatrice pour le spectateur et pour le cinéma ; pas la posture bourgeoise que quelques nouveaux démagogues font mine de combattre."

Wednesday, September 22, 2010

La poésie introvertie (Bal)

Jean-Luc Douin, Le Monde, 21 Sept 2010

"Le choc, quand on voit un film de Kaplanoglu, dépouillé de musique et presque sans paroles, voué aux bruits animaliers, aux échos du vent ou de la pluie, est le défilé d'émotions, le chaos de sensations qui, dans les deux premiers films, ramènent sans cesse le héros à sa petite enfance, et dans le troisième le confrontent à ses rêves. Ce cinéaste a une approche du temps qui nous mène bien au-delà de l'époque où vivent ses personnages, et une façon de les regarder qui nous fait pénétrer dans leur âme. Il parle de son style comme d'un "réalisme spirituel", de son art comme d'une scrutation de la vie "à la lumière des puissances supérieures".

Dans Yumurta frappait d'emblée une façon d'égrener de petits gestes anodins qui prenaient valeur de symbole. Une fleur dans un pot, un bol de lait, un puits envahi d'herbes, l'odeur d'un oignon, et cet oeuf annoncé par le titre, signe de la séparation avec la mère, de l'heure de briser sa coquille. La trilogie est bâtie sur ce lien du fils et de sa mère, lien forcé quand celle-ci se retrouve veuve et confrontée à un petit garçon fracassé par la disparition de son modèle paternel dans Miel, lien rompu lorsque Yusuf doit accepter la sexualité de celle qui l'engendra et renoncer à vivre de ce qui le nourrissait jusque-là, l'économie laitière, dans Milk, film du sevrage. [..]

Milk et Miel débutent par une scène où un être humain est suspendu la tête en bas. Une jeune fille soumise à une sorte d'exorcisme destiné à faire sortir le serpent qui s'était introduit en elle par sa bouche dans Milk, le père à la merci d'une branche qui ne va pas tarder à craquer dans Miel. Kaplanoglu voit sa Turquie défigurée, son paradis à l'envers. Yusuf, tout au long de ces trois films, reste taiseux, fragile, introverti. La poésie sera son refuge. Les animaux, dont Kaplanoglu justifie la présence par une fidélité aux rapports qu'entretiennent les bêtes et les hommes, surgissent comme reflets de l'inconscient. [..]

Limpide, élégiaque, radieux dans sa manière d'évoquer les épreuves de Yusuf, le cinéma de Kaplanoglu apaise, fascine, grandit. Les scènes où Yusuf côtoie des jeunes filles sont empreintes de timidité et de respect. Il n'y a chez lui que contemplation là où d'autres succombent à la complaisance esthétique, y compris dans ses fins qui n'ont d'énigmatiques que les apparences. Milk : une lampe aveuglante comme un soleil. Miel : un seau d'eau où se reflète la lune. La lampe est celle d'un jeune homme travaillant à la mine et qu'illuminent ses espoirs de devenir écrivain. La lune est ce qui brille la nuit, à l'heure du deuil, quand ont résonné les prières. Deux façons, pour Kaplanoglu, de signifier le caractère instinctif et sacré de ce en quoi croit son héros, son double : la poésie."
Ours d'Or, Berlinale 2010

Saturday, September 11, 2010

Stasis films 1 (conceptual)



4'33" (1952/John Cage/USA)


Empire (1964/Andy Warhol/USA) 485'


Wavelength (1967/Michael Snow/Canada) 45'


Sayat Nova (1968/Sergei Paradjanov/Georgia) 79'


La région centrale (1971/Michael Snow/Canada) 180'


Semiotics of the Kitchen (1975/Martha Rosler) 6'29" (at UbuWeb)

The Reflecting Pool (1979/Bill Viola/USA) 7'


The Cremaster Cycle (1995-2002/Matthew Barney/USA)

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