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Sunday, April 29, 2012

Manhae

알수없어요

바람도 없는 공중에 垂直의 파문을 내이며
고요히 떨어지는 오동잎은 누구의 발자취입니까?
지리한 장마 끝에 서풍에 몰려가는 검은 구름의 터진 틈으로
언뜻언뜻 보이는 푸른 하늘은 누구의 얼굴입니까?
꽃도 없는 깊은 나무에 푸른 이끼를 거쳐서 옛 塔 위의 고요한 하늘을
스치는 알 수 없는 향기는 누구의 입김입니까?
근원은 알지도 못할 곳에서 나서 돌뿌리를 울리고
가늘게 흐르는 작은 시내는 구비구비 누구의 노래입니까?
연꽃 같은 발꿈치로 가이 없는 바다를 밟고 옥 같은 손으로 끝없는 하늘을 만지면서
떨어지는 해를 곱게 단장하는 저녁놀은 누구의 詩입니까?
타고 남은 재가 다시 기름이 됩니다.
그칠 줄을 모르고 타는 나의 가슴은 누구의 밤을 지키는 약한 등불입니까?

만해 한용운 萬海 韓龍雲

It Can’t Be Known


Sending forth ripples of perpendiculars in the breathless air,
The silently falling paulownia leaf, whose face is it?

The blue sky suddenly glimpsed through a rent torn in the dark clouds driven by the West Wind at the end of the tedious monsoon,
Whose face is it?

Passing by the green moss in the flowerless deep wood, brushing the silent sky above an ancient pagoda,
Whose breath is it?

Rising from some unknowable source, ringing the heart of the rock,
The thinly flowing tiny rivulet twistiing, turning, whose song is it?

Treading the boundles seas with flower-like feet, while stroking the endless skies with jade-like hands,
The evening glow gloriously adorned in the setting sun, whose poem is it?

Burnt out ashes turn again to tallow.
My burning breast, knowing not how to stop, is a dim lamp keeping watch over whose night?


 Han Yong-un (a.k.a. Manhae) 1879~1944




* * *



희미한 졸음이 활발한 님의 발자취 소리에 놀라 깨어 무거운 눈썹을 이기지 못하면서 창을 열고 내다보았습니다
동풍에 몰리는 소낙비는 산모퉁이를 지나가고 뜰 앞의 파초잎 위에 빗소리의 남은 音波가 그네를 뜁니다
감정과 理智가 마주치는 찰나에 人面의 악마와 獸心의 천사가 보이려다 사라집니다
흔들어 빼는 님의 노래가락에 첫 잠든 어린 잔나비의 애처로운 꿈이 꽃 떨어지는 소리에 깨었습니다
죽은 밤을 지키는 외로운 등잔불의 구슬꽃이 제 무게를 이기지 못하여 고요히 떨어집니다
미친 불에 타오르는 불쌍한 靈은 절망의 北極에서 新世界를 탐험합니다
사막의 꽃이여 그믐밤의 滿月이여 님의 얼굴이여
피려는 장미화는 아니라도 갈지 않은 백옥인 순결한 나의 입술은 미소에 목욕감는 그 입술에 채 닿지 못하였습니다
움직이지 않는 달빛에 눌리운 창에는 저의 털을 가다듬는 고양이의 그림자다 오르락내리락합니다
아아 佛이냐 魔냐 인생의 티끌이냐 꿈이 황금이냐
작은 새여 바람에 흔들리는 약한 가지에서 잠자는 작은 새여

韓龍雲

Startled awake from a vague drowsiness
by the sound of your brisk footsteps,
Yet unable to raise my heavy eyelids,
I opened my window and peeped out.

Driven by the east wind, the shower
passes the mountain slope,
While in my garden
the echoes of the rain
still swing on the leaves of the banana tree.

The mournful dream
of a small butterfly sleeping
in the lingering melody of your song
is broken by the sound of falling flower petals.

Wax beads from a lone candle
watching over the dead of night,
Unable to overcome their own weight,
fall silently.

My pitiful soul
blazing with a mad fire,
Explores a new world
at the North Pole of despair.

Flowers in the desert,
a full moon in the night,
and your face;
My pure lips, not the rose I hoped would bloom,
But a changeless white jade, And
your lips, bathed in that gentle smile,
Have still not touched.
At the window pressed with the still moonlight,
The shadow of a cat with her hair a-bristle
Goes up and down.

Ah; ah; Is it Buddha? Is it Mara? Is life
dust? Are dreams golden?
It's a little bird. It's a little bird sleeping on a weak
branch being shaken in the wind.

Han Yong-un (a.k.a. Manhae), Korean poet (1879-1944)




* * *



"Idle Words" : Manhae's preface to "The Silence of Everything Yearned For" :
'Nim' is not only a human lover but everything yearned for. All beings are nim for the Buddha, and philosophy is the nim of Kant. The spring rain is nim for the rose, and Italy is the nim of Mazzini. Nim is what I love, but it also loves me. If romantic love is freedom, then so is my nim. But aren't you attached to the lofty name of freedom? Don't you also have a nim? If so, it's only your shadow. I write these poems for the young lambs wandering lost on the road home from the darkening plains.




Related:
  • Everything Yearned For: Manhae's Poems of Love and Longing (translated by Francisca Cho; 2005) 


Wednesday, April 25, 2012

Festival International du Film Chiant #0


FIFIC #0 - Festival International du Film Chiant 
Marseille (France) 21-24 avril 2012 Website officiel 

Un événement qui salue le cinéma qui prend le temps. De vibrer, d’être bizarre ou de s’exprimer différemment.
À de rares exceptions, le cinéma actuel est très éloigné d’une expression libre personnelle : aujourd’hui, un film doit systématiquement être divertissant et conserver un certain confort psychologique. Pourtant, quand l’action se fait plus discrète et que le rythme ralentit, la perception s’aiguise pour que le ressenti et l’interprétation fassent surface. Tension, densité, proximité, pudeur, observation, contemplation, vision, sensations étonnantes… c’est ce que propose ce festival.
Revendiquant le terme de Film Chiant car il n’est pas obsédé par « divertir », ce premier festival international veut :
  1. Montrer des créations récentes à travers une programmation éclectique qui va du film d’art et d’essai aux court métrages locaux en passant par le documentaire ou le film d’art.
  2. Créer un élan volontaire vers un cinéma différent : en prenant un ticket pour le festival, les spectateurs s’inscrivent dans une dynamique contraire à leurs habitudes pour ouvrir le champs à des sensations, des perceptions nouvelles.
  3. Populariser cette démarche et ces nouvelles sensations par un processus marketing étonnant. En s’affirmant « chiant », le festival joue avec le lexique masochiste. Plutôt que de crier haut pourquoi ce festival est intéressant comme le font toutes les communications habituelles, tous les événements revendiqueront le contraire, jouant avec les à priori. Le spectateur, séduit par l’humour, sera intrigué par le contenu du festival. Les journalistes auront à cœur de préciser le hiatus. Le rapport à ces films sera donc dépoussiéré.
En participant à cette initiative internationale, Marseille profite d’une occasion simple pour inscrire la ville au rang des lieux contemporains, originaux, ludiques, créatifs et anticonformistes. Nous sommes sûrs qu’en plus des relations culturelles qui s’établiront avec les villes étrangères partenaires du festival (New York, Montréal…) l’évènement attirera un public nouveau et actif apportant des initiatives et une énergie nouvelle a la ville.


Films projetés: 
  • Haxan. La Sorcellerie à travers les âges (1922/Benjamin Christensen/Danemark/Suède) 1h17'
  • Fengming, Chronique d'une femme chinoise (2007/Wang Bing/Chine) 3h12'
  • Ce qu'il restera de nous (2012/Vincent Macaigne/France) 40'
  • 4 courts métrages de Mohamed Bourouissa



Lire aussi :

Saturday, April 14, 2012

Plan séquence (Depardon)

"Le plan séquence c'est quelque chose qui ne triche pas, qui a un début et une fin, et qui est un petit moment de vie. On voit que ce qu'a fait le caméraman, ce qu'il a vu, dans son intégralité. Et donc, les gens le sentent et c'est sur que c'est quelque chose qui fait partie un peu - je dirais presque - du "gauchisme" du cinéma. Quand je dis du gauchisme, y'a quelque chose de soixanthuitard là-dedans. C'est pas quelque chose qui me touche 68. Mais c'est le côté politisation, engagement. Y'a un engagement politique dans le plan séquence. Y'a quelque chose de cassé, quelque chose de révolté contre le cinéma américain, contre le grand cinéma. C'est la nouvelle vague, c'est dire qu'avec une petite caméra je peux faire aussi bien que vous. Y'a quelque chose comme ça d'un engagement politique. Politique au niveau de l'image. Donc c'est tout un mouvement. Maintenant qui n'existe plus parce qu'on a plus de raison de se bagarrer comme ça. Mais le plan séquence c'était un militantisme."
Raymond Depardon (17 avril 1990)

Lire aussi:

Friday, April 06, 2012

L'animal protagoniste


L'animal (France Culture; 2 avril 2012) 59' [MP3]
Ce soir, on respire différemment. Le rythme n’est plus le même. On a une heure ensemble. Retirez vos montres. Le temps humain, celui décidé, auquel on a mis un sens, n’existe plus. Les aiguilles ne pointent rien. Le temps est continu. C’est une masse. On s’épanche à l’intérieur. On est dans le temps de l’animal. L’homme n’est plus central. Il est à côté. C’est un face à face. Puissant, terrien. Pourquoi regarder les animaux ? Les regarder dans les yeux : il faut tenir, ce n’est pas de l’endurance, c’est une expérience des sens. L’image de départ ce soir, serait celle-là : un œil. Dans le film les yeux ronds d’Ariane Michel. L’œil de la chouette place de la Concorde à Paris, l’œil qui tourne avec la circulation. L’œil qui voit le temps de l’homme mais vit avec un autre. L’image est celle des yeux des vaches dans le film Bovines d’Emmanuel Gras, qui regardent droit la caméra. Ceux qui sont là ce soir adoptent le rythme de ce qui est filmé. Il y a comme fil certain, une obstination, une constance, un mutisme intense. C’est aussi une ode à ce qui a disparu ou ce qui va disparaître, puisque toujours la disparition guette, toujours un danger se fait entendre. La nature est sauvage. Et ce soir c’est la nature qui observe.
Le chemin ce soir part de l’oeil de l’animal, pour aller vers la main négative de l'homme. C'est un face à face avec la nature et ça commence maintenant.
Avec :
  • Ariane Michel, artiste vidéaste, filme les animaux, pour l’expérience sensorielle de vivre un paysage avec un autre corps et un autre temps. Elle filme la nuit ou le jour, et c’est à voir chez soi, allongé ou dans un bois.
  • Emmanuel Gras, réalisateur du film Bovines, pour les yeux des vaches.
  • Pauline Curnier-Jardin, plasticienne, cinéaste et performeuse, pour son film Grotta Profunda les humeurs du gouffre. qui met en scène ses visions à partir du réel dans la grotte.

* * *


Profils paysans: l'approche (2001/DEPARDON/France)
Le peuple migrateur (2001/PERRIN/France)
Profils paysans: le quotidien (2005/DEPARDON/France)
VIDEO-LETTRE #2 : Mashhad/The Cow (Kiarostami/Iran) AK to VE, 5 Sept 2005, 10'


Animal-Cam (2007/Sam Easterson/USA)

Le Voyage Perpétuel (2008/LAPSUI/LEHMUSKALLIO/France)
La Vie Moderne (2008/DEPARDON/France)
Old Partner 워낭소리 (2008/LEE Chung-Ryoul/S.Korea)
The Last Season: Shawaks / Demsala Dawî : Şewaxan (2008/OZ/Turkey) [PDF]
Sweetgrass (2009/CASTAING-TAYLOR/BARBASH/USA)
Le Quattro Volte (2010/FRAMMARTINO/Italy)
Nenette (2010/PHILIBERT/France)

Jon, face aux vents (2010/Corto Fajal/France/Suède)







Hors des sentiers battus / Off the Beaten Track (2010/Dieter Auner/Romania/Ireland)






Bovines (2011/Emmanuel Gras/France)










BESTIAIRE (2012/Denis Côté/Canada)

interview de Denis Côté (Hors champ; France Culture; 11 avril 2012) [MP3] 44'



Hiver nomade (2012) Manuel von Stürler/Switzerland


Related:

Tuesday, April 03, 2012

Sombre; Un Lac (Mariel)

Charlotte Mariel prépare une thèse de doctorat en cinéma, sous la direction de Nicole Brenez, sur l’appréhension de la nature où s’entrelacent science, cinéma et poésie. Elle écrit parallèlement un mémoire de philosophie sur H.D. Thoreau et J. Mekas. Existe-t-il une manière naturelle d’être au monde ? Pouvons-nous, au cinéma, faire l’expérience, non d’un retour à la nature, mais de la nature ? Munis de telles questions, nous pourrions approcher du traitement de la forêt dans Sombre et Un lac. Philippe Grandrieux y révèle, avec force et humilité, ce qu’a à voir le cinéma avec la poésie, le conte et la vie. Charlotte Mariel Ce cours de cinéma a eu lieu le 23 mars 2012 dans le cadre du cycle de films "Mille et une forêts", au Forum des images, Paris.

Filmographie citée :
  • Sombre (1998/Philippe Grandrieux/France)
  • Un lac (2009/Philippe Grandrieux/France)


Bibliographie:
  • L'Enfer in Divine Comédie (Dante; 1321)
  • Henri David Thoreau 
  • L'adolescent (Dostoievski; 1875)
  • Aurore (Friedrich Nietzsche; 1881)
  • Tractatus logico-philosophicus (Ludwig Wittgenstein; 1921)
  • Eloge de la main (Henri Focillon; 1934)
  • Francis Ponge
  • La barque le soir (Tarjei Vessas; 1968)
  • L'anti-nature: éléments pour une philosophie tragique (Clément Rosset; 1973)
  • La perte de l'évidence naturelle (Wolfgang Blankenburg; 1991)
  • Forêts: Essai sur l'imaginaire occidental (Robert P. Harrison; 1992)
  • Le Silence des bêtes, la philosophie à l'épreuve de l'animalité (Élisabeth de Fontenay; 1998)


P.S. Grandrieux se prononce [granrieu] (le D du milieu est muet)!


Voir aussi: